Donation-partage : quels avantages et quelles formalités accomplir après la donation ?

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Donation-partage : quels avantages et quelles formalités accomplir après la donation ?

La donation-partage constitue un outil particulièrement efficace pour anticiper la transmission de son patrimoine, organiser sa succession et prévenir certains conflits entre héritiers.

Elle peut porter sur un patrimoine immobilier, des liquidités, mais également sur des parts sociales, des actions ou une entreprise.

 

Dans ce dernier cas, la signature de l’acte de donation-partage ne marque pas nécessairement la fin des démarches. La transmission de titres ou d’une entreprise peut entraîner plusieurs formalités juridiques et administratives : modification des statuts, mise à jour des bénéficiaires effectifs, inscription du transfert de titres ou encore déclaration auprès du Guichet unique.

 

Quels sont les avantages de la donation-partage ? Quelles formalités faut-il accomplir après sa signature ? Et comment sécuriser la transmission d’une société ou d’une entreprise ?

Qu’est-ce qu’une donation-partage ?

L’article 1075 du Code civil permet à toute personne d’organiser, de son vivant, la distribution et le partage de ses biens et de ses droits entre ses héritiers présomptifs.

La donation-partage poursuit ainsi deux objectifs : transmettre et répartir.

 

À la différence d’une succession classique, le donateur n’attend pas son décès pour répartir son patrimoine. Il détermine lui-même les biens attribués aux différents bénéficiaires.

La donation-partage peut notamment porter sur :

  • des biens immobiliers ;
  • des liquidités ;
  • des valeurs mobilières ;
  • des parts de SARL ou de sociétés civiles ;
  • des actions de sociétés ;
  • une entreprise individuelle ;
  • différents éléments d’un patrimoine professionnel.

La nature des biens transmis détermine ensuite les formalités à accomplir.

Pourquoi choisir la donation-partage ?

  1. Organiser sa succession à l’avance

    La donation-partage permet au donateur de décider de la répartition de son patrimoine entre ses héritiers dans le respect, notamment, des règles relatives à la réserve héréditaire.

    Cette anticipation permet de donner à chaque bénéficiaire une vision claire de ce qu’il reçoit.

    Elle peut également éviter qu’une succession future place plusieurs héritiers en indivision sur certains biens.

  2. Prévenir les désaccords entre héritiers

    Lors d’une succession, la valorisation et le partage du patrimoine peuvent provoquer des désaccords.

    La donation-partage permet au donateur d’organiser lui-même cette répartition de son vivant.

    Cet avantage prend une importance particulière dans le cadre d’un patrimoine professionnel.

    Un chef d’entreprise peut, par exemple, souhaiter transmettre les titres de sa société à l’enfant qui exerce déjà une activité dans l’entreprise et attribuer d’autres éléments de son patrimoine aux autres enfants.

    La donation-partage constitue alors un véritable outil d’organisation de la transmission familiale de l’entreprise.

  3. Un avantage essentiel : fixer la valeur des biens transmis

    L’un des principaux intérêts civils de la donation-partage réside dans les règles d’évaluation des biens transmis.

    Sous réserve du respect des conditions prévues par l’article 1078 du Code civil, les biens compris dans la donation-partage peuvent être évalués au jour de celle-ci pour l’imputation et le calcul de la réserve.

    Prenons un exemple simplifié.

    Un parent attribue à chacun de ses deux enfants un bien d’une valeur de 200 000 €.

    Quelques années plus tard, au décès du parent, le premier bien vaut 400 000 € et le second 250 000 €.

    Si les conditions légales sont réunies, la valeur retenue pour les opérations concernées reste celle fixée lors de la donation-partage, soit 200 000 € pour chacun.

    La hausse ultérieure de la valeur du premier bien ne remet donc pas, à elle seule, en cause l’équilibre initial du partage.

    Cette caractéristique peut présenter un intérêt majeur dans le cadre d’une transmission de titres de société dont la valeur peut fortement évoluer.

Donation-partage : quels avantages fiscaux ?

La donation-partage bénéficie des règles fiscales applicables aux donations.

En ligne directe, l’article 779 du Code général des impôts prévoit notamment un abattement de 100 000 € par parent et par enfant.

Cet abattement peut en principe se renouveler après 15 ans, sous réserve des donations antérieures et des dispositions fiscales applicables au moment de l’opération.

Un couple avec deux enfants peut ainsi, lorsque chaque parent dispose intégralement de son abattement, transmettre jusqu’à :

400 000 € au total au titre des abattements de 100 000 € par parent et par enfant.

L’anticipation permet donc de transmettre une première partie du patrimoine et, lorsque le délai fiscal requis s’est écoulé, de bénéficier éventuellement de nouveaux abattements.

Exemple de gain grâce à une transmission anticipée

Prenons le cas simplifié d’un père qui possède un patrimoine de 600 000 € et a un enfant unique.

Sans donation préalable

Si l’intégralité des 600 000 € entre dans la succession, l’enfant bénéficie en principe d’un abattement de 100 000 €.

La base taxable, avant application du barème et sous réserve des autres règles fiscales, atteint donc 500 000 €.

Avec une donation réalisée suffisamment tôt

Le père transmet 100 000 € à son enfant et utilise l’abattement disponible.

Plus de 15 ans après, si les conditions fiscales sont à nouveau réunies au moment du décès, l’enfant peut bénéficier d’un nouvel abattement de 100 000 € sur la succession.

À situation patrimoniale comparable, 200 000 € auront ainsi pu bénéficier successivement des abattements.

L’anticipation de la transmission peut donc réduire sensiblement la base soumise aux droits.

Cet avantage résulte du régime fiscal des donations et du renouvellement des abattements, et non de la seule qualification de donation-partage.

Donation-partage de parts sociales ou d’actions : attention aux formalités après la signature

Lorsque la donation-partage porte sur des titres de société, l’acte notarié constitue une étape essentielle, mais d’autres démarches peuvent s’avérer nécessaires.

La transmission doit aussi produire pleinement ses effets au niveau de la société.

Les formalités varient selon la forme juridique de la société, la nature des titres transmis, les clauses statutaires, la répartition du capital et les conséquences de l’opération sur les informations déclarées au registre.

  1. Vérifier les statuts de la société

Avant et après la donation, il convient d’examiner les statuts.

Certaines sociétés prévoient notamment des clauses d’agrément ou des règles particulières applicables à la transmission de titres.

La donation peut également modifier la répartition du capital mentionnée dans les statuts.

Dans ce cas, une mise à jour des statuts peut s’avérer nécessaire.

  1. Mettre à jour la répartition des titres

La donation entraîne le transfert des parts sociales ou actions concernées au profit du ou des donataires.

Selon la forme de la société, il convient d’accomplir les opérations nécessaires pour constater cette nouvelle répartition des titres dans les documents sociaux appropriés.

Pour certaines sociétés, la transmission implique notamment une mise à jour des registres ou comptes dans lesquels les titres et leurs titulaires sont inscrits.

  1. Modifier les statuts lorsque l’opération le nécessite

Lorsque la donation-partage entraîne une modification d’une information statutaire, la société doit mettre ses statuts en conformité avec sa nouvelle situation.

La formalité ne se limite donc pas toujours à la donation elle-même.

Il faut vérifier les conséquences de l’opération sur l’ensemble de la documentation juridique de la société.

  1. Vérifier les bénéficiaires effectifs

Une donation de titres peut également modifier l’identité ou la situation des bénéficiaires effectifs de la société.

Il convient donc d’analyser la répartition du capital et des droits de vote après l’opération.

Si la donation entraîne une modification des informations relatives aux bénéficiaires effectifs déclarées par la société, celle-ci doit effectuer la formalité correspondante auprès du Guichet unique dans le délai applicable.

Cette étape ne doit pas être négligée.

Une donation-partage peut en effet modifier la détention directe ou indirecte du capital sans modifier la dénomination, le siège ou l’activité de la société.

  1. Effectuer, le cas échéant, la formalité auprès du Guichet unique

Lorsque les conséquences de la donation nécessitent la modification d’informations inscrites au registre, une déclaration doit être déposée par l’intermédiaire du Guichet unique des formalités des entreprises.

Le dossier doit être préparé en fonction des modifications concernées et des pièces justificatives exigées.

Une erreur ou une pièce manquante peut entraîner une demande de régularisation et retarder la validation de la formalité.

Exemple : donation-partage des parts d’une société familiale

Prenons le cas d’un dirigeant qui détient 100 % des parts d’une société et souhaite anticiper la transmission de son entreprise à ses deux enfants.

Il réalise une donation-partage qui attribue 50 % des parts à chacun.

L’opération produit alors deux séries de conséquences.

Sur le plan patrimonial, les enfants deviennent propriétaires des titres qui leur sont attribués conformément aux modalités prévues dans l’acte.

Sur le plan de la société, il faut analyser les conséquences de cette nouvelle répartition du capital : documents sociaux, statuts le cas échéant, bénéficiaires effectifs et éventuelles déclarations auprès du Guichet unique.

La transmission patrimoniale et les formalités juridiques de la société doivent donc être traitées de façon cohérente.

Donation-partage et transmission d’entreprise : penser à l’ensemble de l’opération

Une donation-partage qui porte sur un patrimoine professionnel nécessite une coordination entre plusieurs dimensions :

la transmission patrimoniale, qui relève notamment du notaire et, selon le dossier, des autres conseils du donateur ;

les conséquences fiscales, qui doivent faire l’objet d’une analyse adaptée à la situation ;

les conséquences juridiques pour la société, qui peuvent nécessiter plusieurs formalités après la signature de l’acte.

Il ne suffit donc pas de signer la donation-partage. Lorsque l’opération modifie la situation d’une société, il faut également veiller à ce que les informations juridiques et déclaratives de celle-ci correspondent à sa nouvelle situation.

OK Formalités vous accompagne après la donation-partage

Vous avez signé une donation-partage qui concerne des parts sociales, des actions ou une entreprise ?

OK Formalités peut vous accompagner dans la réalisation des formalités juridiques qui découlent de l’opération.

Selon votre dossier, nous pouvons notamment intervenir pour :

  • préparer et déposer les formalités de modification nécessaires ;
  • effectuer les démarches relatives à la modification des bénéficiaires effectifs ;
  • traiter les formalités consécutives à une modification de la répartition du capital ;
  • déposer les dossiers auprès du Guichet unique ;
  • suivre la formalité jusqu’à son traitement par les organismes compétents.

Vous disposez ainsi d’un interlocuteur dédié pour assurer la continuité entre l’acte de transmission et les formalités nécessaires à sa bonne traduction dans la vie juridique de l’entreprise.

 

 

Vous venez de réaliser une donation-partage portant sur des titres de société ? Contactez OK Formalités afin d’identifier les démarches à accomplir et de nous confier leur réalisation.

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FAQ – Donation-partage et formalités

Qu’est-ce qu’une donation-partage ?

La donation-partage permet à une personne de transmettre de son vivant tout ou partie de ses biens et d’organiser simultanément leur répartition entre les bénéficiaires, conformément aux dispositions du Code civil.

La donation-partage permet d’organiser immédiatement la répartition des biens. Lorsque les conditions prévues par l’article 1078 du Code civil sont réunies, elle permet également de retenir la valeur des biens au jour de la donation-partage pour certaines opérations successorales.

Oui. Une donation-partage peut porter sur des parts sociales ou des titres de société. Les statuts, la forme juridique de la société et les modalités de transmission doivent toutefois être examinés avant l’opération.

Pas systématiquement. Cette nécessité dépend notamment de la forme de la société, de la rédaction de ses statuts et des conséquences de la transmission. Une vérification doit donc être effectuée pour chaque dossier.

Une donation de titres peut modifier les bénéficiaires effectifs de la société. Il faut donc vérifier la nouvelle structure de détention et de contrôle après l’opération. Si les informations déclarées ne correspondent plus à la situation réelle, une formalité de modification doit être accomplie.

Cela dépend des conséquences de la donation sur les informations qui doivent faire l’objet d’une déclaration. Lorsque l’opération entraîne une modification déclarable, la société doit déposer la formalité correspondante auprès du Guichet unique.

Oui. La donation-partage constitue un acte qui nécessite l’intervention d’un notaire. Celui-ci établit l’acte et conseille les parties sur ses conséquences patrimoniales. Lorsque la donation concerne une entreprise ou des titres de société, des formalités juridiques complémentaires peuvent ensuite être nécessaires.

Oui. Lorsque la donation-partage entraîne des modifications qui nécessitent des formalités relatives à une société ou une entreprise, OK Formalités peut accompagner le client dans la préparation, le dépôt et le suivi des démarches nécessaires auprès du Guichet unique et des organismes concernés.

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